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  • Vasudhā वसुधा

    Vasudhā वसुधा [1]





    Vasudhā,
    J’ai le geste lent devant ce qui arrive.
    Mes cils battent moins vite, mon regard est posé,
    Je reste cependant sur mon axe penché.
    Ma mûre réflexion nécessite peu d’effets
    quand je laisse les hommes à leur curieux combat.
    Que de souffrances en ces milliards d’années !
    Que d’espoirs ont nourri l’intrépide ignorance,
    Que de lumières aussi ont éclairé l’esprit !
    Devront-ils lutter pour préserver leur chair -
    L’organique magie qui les a définis -
    Ou sont-ils déjà sans l’avoir accepté,
    Des "cyber-spécimen" aux bioniques pensées ?
    Que deviendra l’amour dans leurs vies prolongées ?
    Plus longues attaches créeront plus grandes peurs
    Que les plus démunis ne pourront désirer !
    Je suis la Terre, je soupire quand les hommes sont couchés.
    Je cherche à inspirer au-delà de leurs choix,
    Le sens de leur présence sur mon dur épiderme.
    Il me faudra peut-être agir, ne pas me laisser faire,
    Ne pas les laisser seuls à m’imposer leur voie.
    Où sont mes éphémères et mes mammouths dorés ?
    « Mon vivant » est sujet de l’obsédante quête
    de cet humain sans joie toujours insatisfait.
    Pourtant, il mit des flutes au sommet de mes dunes !
    Le vent y fit ses partitions sablées.
    Ses empires de soies et de marbres taillés
    Défièrent patiemment mes arides contrées.
    Mais, il prit aussi l’or de mes roches pour acheter le ciel,
    Et jouer au « légo » son hélice sacrée. [2]
    Il ne put s’empêcher de courir sans savoir,
    Et ne sait toujours pas ce qu’il faut espérer.
    Chance pour lui que mes fruits soient sucrés !
    Aux confins de mes pôles, on le dit ingénieux.
    Il rend mes léporidés vert fluo [3] sous la lune. [4]
    S’il lui arrive alors de rougeoyer mes cieux,
    Mes azurs sombreront au fond de mes mers bleues.
    Ses fantassins futurs aux numériques pas [5]
    Ne seront ni mes fils ni mes hommes de loi.
    J’espère, c’est ma nature, que son cœur restera
    Le nécessaire frein à ses folles idées.
    J’espère, c’est sa nature, que son cerveau ira
    Vers le meilleur chemin où je serai en paix.

    Auteure
    Jaya Yogācārya

    ©Centre Jaya de Yoga Védanta Ile de la Réunion

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    [1Sanskrit Vasudhā la planète Terre

    [2l’ADN, l’acide désoxyribonucléique

    [3léporidé est le genre animal des lièvres et des lapins

    [4l’artiste transgénique Eduardo Kac a transformé avec l’aide scientifique la couleur d’un lapin en vert fluo.

    [5fantassins robotisés rendus autonomes par intelligence artificielle



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