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    « Le son du Tambour »

    «  Le son du Tambour »

    Conférence donnée par Jaya Yogācārya le vendredi 5 oct 2018
    thème : les ondes cérébrales

    Lors de la dernière conférence, je vous ai parlé des états modifiés de la conscience recherchés par les rites initiatiques et les pratiques mystiques.
    Nous avons vu l’utilisation fréquente de substances psychotropes et hallucinogènes dans beaucoup de rites de nature chamanique.
    Nous avons mis en évidence le lien étroit entre l’épiphyse, (glande endocrine du cerveau connue sous le nom de pinéale) et des états de conscience modifiés.
    De même, nous avons vu que certaines molécules des sécrétions de la pinéale via ses neurotransmetteurs et neuro-hormones sont aussi présentes dans les substances hallucinogènes telles la DMT (Diméthyltryptamine).

    Un psychotrope est une substance qui agit principalement sur l’état du système nerveux central en y modifiant certains processus biochimiques et physiologiques cérébraux. Il induit des modifications de la perception, des sensations, de l’humeur, de la conscience ou d’autres fonctions psychologiques et comportementales. Il n’anticipe pas forcément sa capacité à provoquer des phénomènes de dépendance ni de toxicité.

    Rappelons que dans nos pratiques de yoga visant à développer une conscience supérieure, nous n’utilisons pas de drogues à cet effet, le corps possédant ce qu’il faut.

    Nous avons vu aussi l’importance du système «  hypothalamus-hypophyse-pinéale » comme outil permettant, via les systèmes hormonal, neurologique, endocrinien, de réguler non seulement l’homéostasie du corps, c’est à dire son équilibre physiologique, mais aussi de participer en grande partie aux modifications de la conscience et aux processus de vision supra-normale, particulièrement grâce à certaines neuro-hormones.

    Parmi les nombreux neurotransmetteurs que le corps produit, les endorphines sont des substances chimiques sécrétées dans certaines conditions agréables ou non, telles un stress, une agression, un moment de bonheur. Elles vont conditionner nos humeurs, nos émotions, nos réactions ou nos états d’esprit.

    Les endorphines sont sécrétées par le complexe « hypotalamo-hypophysaire  » chez les vertébrés lors d’activité physique intense, excitation, douleur et orgasme.
    On les retrouve dans le cerveau et la moelle épinière ainsi que dans le système digestif. Comme la morphine, elles ont une capacité analgésique et procurent une sensation de bien-être voire d’euphorie.
    Nous savons que dans les états de conscience non ordinaire, lors de l’intériorisation intense sur le corps ou sur le ressenti, lors d’un processus de régénération énergétique, prāṇāyāma प्राणायाम, Kriyā क्रिया, soin énergétique par le prāṇa प्राण, lors d’activités posturales intenses, Aśana अशन, sport, il y aura production d’endorphines. C’est pour cela que les techniques de yoga sont des techniques extrêmement puissantes pour régénérer, combattre le stress, la fatigue, la dépression.
    Durant l’exercice physique, la fabrication d’endorphines peut être augmentée jusqu’à dix fois la quantité normale. D’où le bénéfice du sport et plus encore des postures yoguiques aux personnes dépressives, aux anciens fumeurs, buveurs, consommateurs de drogues, aux personnes dépendantes en cours de sevrage. Trente minutes par jour de sport à un rythme soutenu augmente naturellement la production d’endorphines, l’activité physique agissant comme un stress sur l’organisme, lequel y répond par la libération d’endorphine.

    Les états de méditation profonde, les techniques respiratoires vont induire en nous des changements de perceptions, des réactions chimiques et neurologiques mais aussi des activations différentes des ondes cérébrales.

    Beaucoup de techniques corporelles des traditions mystiques visent à modifier la conscience, voire procurer l’extase comme le fait par exemple l’hyper-ventilation que l’on retrouve dans le chamanisme, le prāṇāyāma yoguique, le soufisme.
    Les rotations accélérées chez les derviches tourneurs, l’isolation sensorielle, la visualisation d’images mentales (rajasiques (Rajas रजस्) ou satviques ( Satva सत्व) des yantra यंत्र ou maṇḍala मंडल, la psalmodie répétitive des sons, des chants ou des mantra participent du même objectif.

    Le stimulus répétitif catalyse les tanmātra तन्मात्र (organes des sens) en les saturant, laissant d’autres fonctions dormantes s’exprimer.
    C’est le principe du processus inductif hypnotique.
    On sature le cerveau par des informations sensorielles afin qu’il passe du contrôle de ces informations à l’abandon de ce contrôle en se laissant totalement absorber par d’autres plans de connaissance, ne serait-ce que la connaissance profondément intuitive.
    Ce que les yogis connaissent bien.
    La transe chamanique avec un son de tambour répétitif à une basse fréquence
    illustre cela.

    Dans un cerveau en transe, le réseau de cognition interne impliqué dans les pensées indépendantes des stimuli extérieurs, comme il l’est déjà dans la méditation, va être amplifié.
    La plongée en soi est augmentée et d’autres facultés de vision et de cognition intuitive se développent. Il y a un désengagement de l’environnement sensoriel au profit des expériences intérieures et transcendantales.

    Calmer l’esprit détend le corps.
    On sait que la méditation et l’hypnose ont fait leur entrée dans les milieux hospitaliers et scolaires comme techniques pouvant gérer les états de stress, de forte dépression mais aussi lutter contre la douleur, calmer l’esprit et développer des facultés.

    En tant que chercheurs spirituels, nous sommes en quête des états transcendantaux afin d’expérimenter profondément la réalité qui s’offre à nous. Nous cherchons surtout à réaliser les grands concepts métaphysiques relevant de la dimension spirituelle afin que notre moi profond rejoigne sa dimension absolue.
    Mais dans cette aventure, la conscience supérieure doit être activée dans un cerveau qui obéit à des mécanismes physiologiques et neurologiques très complexes.

    Ce cerveau humain a été appréhendé scientifiquement vers la fin du 19°s en occident. On attribue l’invention de l’électroencéphalographie à un anglais Richard Caton en 1875. Beaucoup d’autres scientifiques perfectionneront cette technologie en amplifiant le signal électrique de l’activité neuronale, en décrivant les tracés en forme de vagues, en mettant en évidence les premiers types d’ondes cérébrales. On découvrira les rythmes des ondes lentes du sommeil, le rythme des ondes du sommeil paradoxal, et c’est Edgar Douglas Adrian qui obtiendra en 1932 le Prix Nobel de physiologie pour des avancées dans ce domaine.
    Ce n’est que depuis 1950 que la technique de l’EEG, électroencéphalogramme est couramment utilisée dans le domaine scientifique, dans la quantification sur ordinateur et ensuite en Imagerie cérébrale.

    L’électroencéphalogramme (ou EEG électroencéphalographie) est un examen qui permet de mesurer l’activité électrique du cerveau.
    Aujourd’hui, nous avons 5 types d’ondes cérébrales : delta δ , thêta θ, alpha α, bêta β et gamma γ.

    Qu’est ce qu’une onde cérébrale ?
    Le rythme cérébral désigne une oscillation électromagnétique dans une bande de fréquence donnée résultant de l’activité électrique cohérente d’un grand nombre de neurones du cerveau. C’est ce que l’on observera dans l’électroencéphalogramme.
    Ces ondes sont de faible amplitude et sont de l’ordre du microvolt chez l’humain. Elles sont irrégulières, les caractéristiques des rythmes cérébraux dépendant de l’état psychologique ou de l’état pathologique du sujet.
    Les ondes cérébrales s’expriment en microvolt et en hertz.
    Les volts servent à mesurer le voltage (la tension) d’un courant électrique, les hertz en mesurent la fréquence. (1 hertz = 1 oscillation par seconde, 10 hertz = 10 oscillations par seconde).
    86 milliards de neurones permettent une infinité d’interactions chimiques et électriques possible.

    Sans rentrer dans les détails de la conduction nerveuse, on sait que l’influx nerveux se propage des dendrites ( prolongements du noyau) jusqu’aux corps du neurone ( prolongement unique et long du noyau) appelé axone.
    La conduction nerveuse fluide dans un réseau est rendue possible grâce à l’action dépolarisante des neuromédiateurs. L’axone est chargé bien plus négativement que son environnement. Les neuromédiateurs chargés positivement permettront en quantité suffisante un inversement de polarité amenant à l’excitation des neurones suivants.
    Cette dépolarisation du corps cellulaire doit atteindre un seuil suffisant pour engager une transmission prolongée du signal électrique.
    Les chemins neuronaux sont alors utilisés à des fins cognitives diverses.
    Ces itinéraires régulièrement réempruntés se fortifieront et créeront une préférence dans le parcours à suivre. Nous voyons là tout l’intérêt des pratiques méditatives régulières, des prāṇāyāma, du Kriyā, qui vont permettre de développer des réseaux subtils inédits, les fortifier afin de fonctionner sur des potentialités supérieures.

    « Je vous l’ai toujours dit, le yoga a mille ans d’avance ! »
    voir conf "Mille ans d’avance"

    Ainsi donc, un casque à électrodes posé en permanence sur le crâne enregistre chaque jour de multiples états de conscience selon nos activités.
    Chaque résultat correspond à des ondes cérébrales différentes d’un microvoltage et d’une fréquence différente.
    De nombreuses pratiques peuvent nous permettre de passer volontairement d’une qualité d’onde à une autre afin de changer les fréquences et donc les états. Ainsi nous pouvons passer d’un état de souffrance ou de stress à un état de régénérescence, voire dans les pratiques méditatives ou en Kriyā avancé, à des états de transe et de supra conscience.

    Les yogis ont toujours été des sujets de prédilection pour ce genre d’expérience.

    Dans la hiérarchie des ondes cérébrales, il est communément adopté de classer les ondes de basses fréquences aux plus hautes :
    - les ondes DELTA en premier avec une fréquence de 0,5 à 4 hertz.
    Elles concernent le sommeil profond, la récupération physique.
    - les ondes THÊTA ensuite avec une fréquence de 4 à 8 hertz.
    Elles concernent les états de méditation profonde, le rêve, le sommeil paradoxal, la relaxation profonde.
    - les ondes ALPHA ensuite avec une fréquence de 8 à 13 hertz.
    Elles concernent la détente, la relaxation éveillée, les pensées claires.
    - les ondes BÊTA ensuite avec une fréquence de 13 à 35 hertz.
    Elles concernent les états de veille active, d’activités mentales quotidiennes, d’activités intellectuelles normales.
    - les ondes GAMMA enfin entre 40 à 60 hertz (voire plus).
    Elles concernent les activités intellectuelles et mentales intenses, l’apprentissage, la perception accrue, la haute créativité, la conscience élargie, les états de transe et de supra-conscience.

    Rappelez-vous le tambour du chamane. Ce dernier vibre à une fréquence de 4 hertz provoquant les états hypnotiques. Mais le chamane peut basculer dans des états de transe.
    Lorsqu’on observe les ondes cérébrales de méditants avancés, on trouvera beaucoup plus d’ondes gamma traduisant une activité mentale intense.
    Nous pouvons dans la méditation descendre dans des états de profonde détente avec des basses ondes mais aussi basculer dans des activités intenses lorsque le niveau de conscience du cerveau devient très élevé.
    Nous pouvons aisément là comprendre le degré d’interaction des nombreuses activités mondaines de la journée sur notre conscience et notre cerveau.
    Une conversation de café sur un boulevard, une cigarette à la main donnera des activités d’ondes bêta à moyenne fréquence et la saturation des sens par le bruit et d’autres facteurs, n’aidera pas à plonger dans des états de transe mais plutôt d’abrutissement.
    Ce n’est pas parce que vous êtes réveillé....que vous êtes....éveillé !

    Hari om tat sat
    Jaya Yogācārya

    Bibliographie :
    "Le cerveau dans tous ses états" par Elena Sender ; sciencesetavenir.fr ; web.
    "Les fréquences des ondes cérébrales et la méditation " ; Neurosciences ; EpochTimes
    web.
    "Corps et extase" par Marc-Alain Descamps aux edts Trédaniel
    Adaptation et commentaire par Jaya Yogācārya.

    ©Centre Jaya de Yoga Vedanta de la Réunion

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    Messages
    • Merci beaucoup Chère Maître,

      Je lis, j’écoute, je comprends, j’apprends et surtout je pratique au son de mon tambour intérieur......
      Votre science sage me nourrit et me guide. Mes ailes grandissent, bercées par les anges...Merci Chère Maître de partager votre savoir, puissé-je avoir la chance chaque soir de dormir éveillée.....
      Ngico

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