Vous pouvez appeler 0262 73 04 00

  • plitch

  • Conférences

    Le carré magique

    "Le carré magique"

    Les mantras : 2e partie
    Le Gāyatrī mantra : 4
    « Les qualités divines de chaque phonème » et le « yantra » du Gāyatrī mantra.

    Conférence donnée par Jaya Yogācārya en cours de méditation du vend 16 dec 2016.

    Nous avons vu la dernière fois dans "Le don de la Déesse", les fabuleux potentiels des mantras en terme de santé. Le Gāyatrī mantra a été produit par une vision spirituelle de l’énergie créatrice.

    ॐ भूर्भुवः स्वः । Oṃ bhūr bhuvaḥ svaḥ
    तत् सवितुर्वरेण्यं । tát savitúr váreṇyaṃ
    भर्गो देवस्य धीमहि । bhárgo devásya dhīmahi
    धियो यो नः प्रचोदयात् ॥ dhíyo yó naḥ pracodáyāt



    LES QUALITÉS DIVINES

    Rappelez-vous, voir «  Le don de la Déesse », les vibrations d’un son spécifique peuvent se répandre dans l’Ākāśa आकाश et attirer des atomes de même type pour revenir à leur origine en quelques instants, chargés d’une énergie qui aura un effet curatif dans une zone choisie. C’est ainsi que les mantras accomplissent des effets miraculeux.
    Dans la première conférence sur le Gāyatrī mantra गायत्री मन्त्र , j’ai décrit l’étymologie et le sens de chaque mot du mantra voir « Le Gāyatrī mantra ».
    Dans ce mantra védique, chaque phonème, indépendant du mot lui-même, apporte avec lui sa référence en terme de qualités divines.

    Certains textes mentionnent ces qualités divines. Toutefois, d’un texte à l’autre, nous pouvons trouver des incohérences. Après une étude comparative et approfondie, voici ces qualités divines revues et corrigées par mes soins.


    - 1 : Tat de tatkālam तत्कालम्, qui signifie « à cet instant » ; de Tatva तत्व, « dans cette réalité du moment » ; de Tat « cela ». Dans certains textes, nous trouverons le mot « Tapini « sans référence. Par contre, Tāpinī तापिनी, qui est « le nom mystique du phonème V », sous réserve d’interprétation, peut faire allusion à l’invocation de Viṣṇu विष्णु dont les dix avatars sont représentés par les attributs de la déesse sous sa forme figurative.

    - 2 : sa de saphalatā सफलता qui est le « succès », viendra Parākram पराक्रम्, « la bravoure ».

    - 3 : vi de Viśva विश्व signifie « racines ». Elles assureront Pālana पालन la préservation et le maintien.

    - 4 : tur de Tuṣṭi तुष्टि. Il est le bien-être, le contentement.

    - 5 : va de Vardha वर्ध qui est la progression, l’augmentation.

    - 6 : re de Revatī रेवती. Revatī est la richesse, la bonne santé mais aussi l’équanimité (prema प्रेम).

    - 7 : ṇi de ni नि. « Ni » symbolise « ce qui descend, qui entre dedans ». Cela fait référence à Sūkṣma सूक्ष्म, le subtil, le divin qui pénètre la conscience endormie.

    - 8 : yaṃ de yamyate यम्यते qui sous-entend, « être porté, être soutenu ».
    Ici, jñāna ज्ञान, la connaissance irradiante porte le pratiquant sur le chemin.

    - 9 : bhar de bharga भर्ग viendra la splendeur irradiante et protectrice, rakṣa रक्षा.

    - 10 : go de gomatī गोमती qui apportera richesse et intelligence.

    - 11 : de de devikā देविका est ce qui découle de la déesse et du divin.

    - 12 : va de Vārāhī वाराही est la juste mesure qu’apporte la dévotion niṣṭha निष्ठ.

    - 13 : sya de Sinhani dharma सिंह धर्म, ce qui assure le pouvoir de rétention et de contrôle du dharma.

    - 14 : dhī de dhyana Prāna ध्यान प्राण, qui est le souffle de vie.

    - 15 : ma de maryādā मर्यादा qui est l’auto-retenue, le contrôle, entre autres, celui du saṃnyās संन्यासिन् qu’est le contrôle des sens.

    - 16 : hi de hi हि . « Hi » signifie « en raison de, parce que », d’où découle sphuṭatva स्फुटत्व l’ouverture, le manifesté.

    - 17 : dhi de dhī धी, vient de l’intellect, la pensée, sous-entendu, ce qui développe medhā मेधा, la clairvoyance et la prudence.

    - 18 : yo de yogamāyā योगमाया, qui est le pouvoir magique de l’abstraction métaphysique obtenue par le yoga.

    - 19 : yo de yoginī योगिनी, est ce qui permet l’union avec le divin.

    - 20 : naḥ de nahyati नह्यति , est ce qui permet de lier ensemble, de créer l’union dans la douceur.

    - 21 : pra de prabhāva प्रभाव, que sont l’idéal et la beauté.

    - 22 : co de codayati चोदयति, est ce qui incite. Cela fait allusion à ushma उष्म l’ardeur.
    - 23 : da de dṛśya दृष्य fait référence au «  Drig-Drishya-Viveka », grand texte du Védanta qui traite de la sagesse et du discernement de la problématique du voyant et de ce qui est vu.

    - 24 : yāt de yāt यात्. « yāt » signifie « allant, bougeant, mouvement vers, faire des efforts aussi loin que ». Cela fait référence à nirañjana seva निरञ्जन सेव, l’état élevé et quotidien du service à l’autre, de la dévotion et de la pratique spirituelle du yoga.


    La Gāyatrī active ainsi ces vingt-quatre qualités divines susmentionnées chez le récitant. Croissance, accomplissements variés et prospérité commencent à se manifester dans la vie du pratiquant.
    « La déesse Gāyatrī continue là encore à offrir ses subtiles énergies ».
    Le propre de la Sādhana साधन est d’apporter des fruits aux efforts fournis. Seul celui qui expérimente peut en faire l’expérience.


    LE YANTRA

    Nous allons à présent aborder une représentation de Gāyatrī considérée comme la forme intermédiaire subtile entre sa représentation figurative et sa forme mantrique, je veux parler de son yantra यन्त्र.



    Je vous rappelle que les yantras et les cakra चक्रs concrétisent les flux énergétiques et les relations dynamiques par l’assemblage de formes élémentaires. Ce sont des supports à la méditation et à la visualisation. Le yantra est donc un instrument destiné à orienter les forces psychiques en les concentrant sur un modèle destiné lui aussi à être visualisé. Le yantra est de nature purement géométrique. Certains yantras ont été conçus avant la méditation ou ont été élaborés au cours du processus de méditation par les ṛṣi ऋषि les sages en contemplation.
    Parmi les différentes sortes de yantras, il y a ceux qui représentent les divinités et leurs concepts de force, mais il y aussi les équivalents sonores de ces divinités qui sont symboliquement représentés par les syllabes germes sanskrites.
    Ainsi, dans la pratique de visualisation ou de charge énergétique du yantra, toutes les facultés de l’individu, physiques, psychiques, mentales sont sollicitées en vue de l’éveil et de la vision de l’unité.
    Voir « Le processus du devenir »

    Le yantra de la déesse Gāyatrī est plus simple que celui de Lalitā Tripurāsundarī ललित त्रिपुरा सुंदरी, ce dernier étant considéré comme le Śrī श्री yantra, le maître des yantras.
    Celui de Gāyatrī obéit cependant aux règles de construction des yantras qui s’articulent autour du cercle, du carré, du triangle, des phonèmes sanskrits mais aussi des nombres, issus de la numérologie et de l’astrologie et qui représentent là encore, les différentes planètes, divinités ou concepts de forces cosmiques.

    L’astrologie hindoue, quant à elle, repose en partie sur les formules de calculs ou d’instruments magiques. Parmi ceux-ci, les pouvoirs des yantras et leurs carrés magiques sont proposés, moyennant quelques roupies, par les astrologues hindous afin d’accomplir les effets désirés. Mais le Gāyatrī yantra doit être en principe chargé par le rituel et la Sādhana Gāyatrī afin de pouvoir être efficace. Ces charges énergétiques commerciales en grand nombre des yantras que font certains astrologues sont souvent dénoncées en Inde. Chaque Śrī Gāyatrī Yantra devrait être activé et programmé séparément et seul.

    Le domaine des nombres astrologiques repose sur une science précise et très ancienne, dont les Jaïns semblent être experts. Articulé autour de séries de chiffres organisés, un yantra peut devenir tout simplement un diagramme contenant une formule de chiffre dont la lecture se fait par un ordre correspondant à son pouvoir énergétique.
    A titre d’exemple, le diagramme du dieu Surya सूर्य est un diagramme célèbre pour sa puissance et son action. Il est considéré comme le carré magique par excellence dont le calcul redonne toujours le nombre 15.
    4 9 2
    3 5 7
    8 1 6
    Le yantra peut être gravé sur une plaque de cuivre chargé par les mantras et les pujas spécifiques et ensuite placé dans la maison du méditant ou dans un endroit particulier.
    Parfois, du fait que Savitur सवितृ est aussi Surya, ce diagramme est aussi utilisé pour la Gāyatrī. Cependant, le Gāyatrī yantra a son propre diagramme.

    Nous allons décrire le yantra propre de Gāyatrī.

    Sa périphérie se compose du carré pourvu des quatre entrées habituelles et qui représente le Bhūrloka भूलोक, le plan terrestre. Aux quatre coins extérieurs du carré vont résider les Bīja बीज mantras puissants que sont ; Om, hrīṃ ह्रीं, Śrīṃ श्रीं et klīṃ क्लीं.
    Ces bijas mantras sont porteurs de vibrations du son primordial et des trois qualités vibratoires du son respectives aux trois guna गुण.
    A l’intérieur du carré, nous allons trouver selon les représentations, deux ou plusieurs cercles, illustrant les mondes ou lokas qui se déploient à partir de Bhūr.
    Nous pouvons cependant ne pas trouver de cercle, auquel cas, cela rappelle que nous nous trouvons entre le plan terrestre et le soleil, Savitur. Un cercle central cependant va recevoir l’hexagone harmonieux des principes Śiva शिव / śakti शक्ति à l’intérieur duquel un tripura त्रिपुर avec en son centre un bindu बिन्दु parfois invisible mais omniprésent et illustré par le bija mantra OM.
    Autour de ce cercle vont se déployer neuf pétales de lotus illustrant bien sûr les neuf planètes habituelles (voir le Nava Graha नवग्रह yantra et les 9 planètes (Saturne, Mars, Mercure, Soleil, Lune, Vénus, Jupiter, Rahu et Kétu), mais surtout les neuf mots essentiels du corps de la Gāyatrī ;
    tát savitúr váreṇyaṃ bhárgo devásya dhīmahi dhíyo yónaḥ pracodáyāt.
    Nous allons donc trouver dans le yantra l’énoncé de la Gāyatrī dans son entier. La déclaration de départ, « Oṃ bhūr bhuvaḥ svaḥ » part du bindu central, pour ensuite occuper trois triangles secondaires de l’hexagone. La lecture de la Gāyatrī dans sa totalité se fera dans le sens horaire sur un processus de montée en spirale. Le corps du mantra qui commence donc par "Tat" va ensuite s’inscrire dans chacun des pétales déployés.
    Viennent ensuite les nombres astrologiques qui font référence au diagramme dont j’ai parlé plus haut. Les nombres du yantra de Gāyatrī sont différents du yantra du soleil.
    Ces nombres sont
    9 8 6
    3 10 7
    4 2 1
    dont la totalité quelle que soit la direction de lecture donne le résultat 10.
    Chaque nombre fait référence à une configuration magico-astrologique.
    Il est dit que les moments propices à la conception du Gāyatrī yantra sont le mardi et le vendredi dans l’astrologie Hindoue.
    Notre préoccupation reste une démarche métaphysique et spirituelle et non astrologique, mais nous allons profiter du fait que nous sommes un vendredi pour nous exercer à le dessiner. Bien sûr, ce n’est que par une gravure sur un support spécifique, par une Sādhana साधन et une puja पूजा appropriées que votre yantra pourra prendre toute sa puissance.

    Hari Om Tat Sat
    Jaya aya Yogācārya


    Bibliographie :

    - « Gāyatrī » de sadguru Sant Keshavadas aux edts Motival Banarsidass Publishers.

    - « Secrets of Yantras,mantra and Tantra » de DR.L.R Chaudhri Published by Sterling Publisher Pvt. Ltd New Delhi.

    - adaptation et commentaire de Jaya Yogācārya


    Get Adobe Flash player


    Messages
    Laissez un message