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    Les Certitudes

    Conférence donnée par Jaya Yogācārya en cours de méditation du vend 26 août 2016

    « Les certitudes, leur remise en question »

    Nous voilà réunis et je l’espère avec joie à l’idée de reprendre le chemin ensemble !
    J’aime les chercheurs spirituels que vous êtes et ceux particulièrement, qui depuis très longtemps sont toujours à nos côtés dans cette quête.
    Accomplissant leur vie de famille et leur vie professionnelle, ils savent que l’on ne peut rayonner et aider les autres spirituellement sans s’accomplir soi-même et sont à même de mesurer la difficulté de cette tâche.

    Avant de retrouver le fil conducteur du travail que nous avons laissé avant les vacances et que vous trouverez en lisant les dernières conférences, je vais remettre en place des valeurs fondamentales nécessaires à votre reprise en commençant par une petite histoire.

    « Il y a bien longtemps en Inde, nous raconte Rajneesh, par un beau matin ensoleillé, alors que les feuilles frémissaient dans le clair matin, que les animaux frétillaient, la maisonnée d’un grand mystique était en effervescence car le fils allait rentrer après de longues années passées auprès d’un maître.
    Alors que le fils arrivait, son père l’attendait sur le seuil de la porte et eut en le voyant un pressentiment étrange ; quelque chose manquait ! Quelque chose lui manquait et en même temps, il y avait quelque chose de trop ; une arrogance subtile, un ego raffiné. Pour ce grand mystique qu’était le père, la surprise fut décevante.

    En ce temps-là, l’éducation spirituelle consistait essentiellement en une initiation au non-ego, au non-ahaṃkāra. Le jeune homme avait été envoyé à l’école de la forêt et confié à un maître, afin de dissoudre son « moi » et de se frictionner à la réalité de l’existence. Or, des rumeurs circulaient selon lesquelles le fils était devenu un érudit éminent, le plus brillant des disciples. En observant le fils prodige, le mystique se sentit chagriné. Il voyait bien que le jeune homme avait accumulé un savoir considérable, mais quelque-chose lui faisait défaut et les yeux du mystique s’emplirent de larmes.

    « Qu’as tu donc ? » Lui demanda son fils. N’es-tu pas satisfait ?
    Je veux te poser une question, répondit le père.
    « As tu appris l’Un dont la connaissance confère la connaissance de toute chose et dont l’oubli rend tout savoir futile, absurde et dangereux ? »

    Mais bien sûr, répliqua le fils, fier de lui.
    « J’ai appris tout ce qu’il y avait à apprendre ! L’histoire, la philosophie, les mathématiques, les Védas, la grammaire, les arts, les sciences…

    Aujourd’hui, j’entendrais moi-même de certains qui furent des élèves satellitaires dans une vie antérieure, dire qu‘ils ont appris la naturopathie, la kinésiologie, la sophrologie, la pnl, le reiki, le décodage génétique, l’énergie quantique, le Vinyāsa Yoga, puis le Vinyāsa flow yoga (avec la musique), puis le Hasya yoga (le yoga du rire), puis le paddle yoga (sur l‘eau), ou simplement le pilate, sans oublier l’apéro yoga.
    Le mystique resta morose : « As tu appris l’Un dont la connaissance confère la connaissance de toute chose ? »

    Le jeune érudit ressentit une pointe d’exacerbation et dit ; « J’ai appris tout ce que mon maître a bien voulu m’enseigner et aussi tout ce qui se trouve dans les livres.
    Que veux-tu dire par cet UN ? De quoi s’agit-il ? Sois donc un peu clair ! Pourquoi tant de mystère ? »

    Le fils manquait décidément d’humilité ; il prétendait tout connaître et considérait l’aîné de façon condescendante. Et voici que cet homme lui faisait triste mine et le troublait avec cette question énigmatique sur l’Un.

    Le mystique lui dit : » Vois-tu l’arbre, là-bas, ? Va chercher une de ses graines et apporte-la moi, s’il te plaît ! » Le fils s’exécuta.


    « D’où-vient l’arbre ? » lui demande le père.
    « De la graine évidemment ! » rétorqua le le fils avec agacement.
    « Ce grand arbre ? De cette petite et minuscule semence ? Dit le père.
    « Brisons la et voyons ce qu’elle contient ? » enchaina le père.
    A l’intérieur de la semence, il n’y avait que du vide.
    « Vois-tu le vide dont surgit l’arbre ? » demanda le mystique.
    Le fils rétorqua ; « Mais comment pourrais-je voir le vide ? »
    « C’est l’Un dont je te parle ! », dit le père.
    « Ce Rien donne naissance à toute chose, tout est issu de lui, de ce vide créateur et tout y retourne.

    " Va apprendre le vide, shunya ! Rejoins ton maître dans la forêt et découvre le vide, car il est l’origine de la source de tout, La source et aussi la fin, l’aboutissement.
    Ce que tu sais est accessoire, superflu. Jette tout cela ! Ce n’est que mémorisation, jeu du mental, et savoir livresque. Apprends le non-mental, la non-mémoire.
    Tu as ingurgité des informations, du savoir. Mais tu es incapable d’apprendre à connaître, à être conscient, à comprendre par toi-même. Tu as appris des choses objectives. Mais tu n’as pas pénétré le fond de ton être. » »

    Dans le Tantra, le monde est représenté par le symbole d’un grand arbre obéissant à quatre étapes.


    - La première étape concerne śhūnya, le vide, mais attention, le vide créateur.
    La semence n’est qu’un réceptacle qui contient ce vide créateur. Lorsque la semence germe, elle prend la forme d’un arbre.
    Ce vide, c’est ce « sans forme » que les physiciens appellent énergie.
    Il est la source, le commencement.
    De ce vide créateur surgit l’arbre, puis les fleurs, et les fruits. Les formes innombrables viennent de ce vide apparent et y retournent. C’est le cycle de la vie, de rien vers rien, de nulle part vers nulle part, de l’énergie vers l’énergie. Entre les nulles parts apparents se situe le monde transitoire, éphémère, le saṃsāra.
    C’est le monde des formes, des choses, des phénomènes, de la Māyā , le monde des pensées, le monde de la manifestation de l’arbre.

    Les quatre étapes de l’arbre sont :
    - 1re ; le non-mental. Il est le début et la fin de tout.

    - 2e ; le non mental amène le non engendré.

    - 3e ; le non engendré donne la non-mémoire.

    - 4e ; la non-mémoire donnera la mémoire qui donnera le mental.
    Le mental se désintégrera à nouveau pour retourner au non mental.


    - La 1re étape concerne donc le « non-mental  ». C’est la « non-forme » qui signifie que tout est potentiel, non encore actualisé.
    Tout est possible et probable, mais non réalisé.
    L’existence est profondément endormie dans la graine, au repos, à l’état du non-manifesté.


    - Dans le stade du «  non-engendré  », rien n’est encore actuel, mais les choses s’apprêtent à prendre forme, à naître. La différence avec le non-mental est subtile. Au début, tout est au repos. Parfois des millions d’années peuvent s’écouler sans que rien ne se produise. Observez la nature et l’évolution des organismes vivants sur notre planète.
    Au non-engendré toutefois, quelques évènements peuvent survenir à tout moment et le potentiel est prêt à surgir en actuel. La naissance est imminente. C’est l’état de gestation.


    - Le troisième état, la « non-mémoire », c’est comme le petit enfant, tout neuf devant l’expérience. Le monde prend forme à ses yeux mais il n’en a pas de connaissance ni de mémoire.L’’enfant n’a pas de mémoire de ses premières années de vie, puisqu’il expérimente le monde sans souvenirs. Mais il n’en était pas, vous n’en étiez pas moins vivant. Vous étiez sans référence, tout neuf. Vous viviez la vie sans en faire de commentaire, dit Osho ! 
    C’est pour le tantra, un état pur. C’est l’art de vivre l’instant. C’est l’art de « non-mémoire ».


    - Le quatrième état enfin est l’état du mental.
    Il a perdu l’innocence, il est entré dans l’expérience du monde.
    Le passage du non-mental au mental est la chute dans le monde, nous disent les maîtres.
    Le non-mental est un peu comme le Nirvāṇa et le mental comme le Saṃsāra.
    Le Saṃsāra, dans le bouddhisme est le cycle des existences conditionnées successives, soumises à la souffrance, à l’attachement et à l’ignorance. Ces états sont conditionnés par le karma.

    En méditation, la mémoire doit se désintégrer en non-mémoire.
    Le mental doit être pacifié et l’esprit doit se taire.
    Nous devons donc faire marche arrière.
    Tout le processus spirituel méditatif consiste à retourner à la source.
    Il s’agit donc de passer de la pensée à la non-pensée, puis de la non-pensée au non-engendré, et enfin du non-engendré au non-mental.
    Le non-mental est éternité, non-temps, instant présent.
    Le mental quant à lui est le temps qui passe.

    Revenons à vous !



    Pour beaucoup d’entre-vous, témoignages à l’appui, et nos activités de yoga et de soins nous confirment cela, la vie semble obéir à un crescendo de difficultés.
    Le monde d’aujourd’hui est un monde malade, stressé, oppressé, concurrentiel, compétitif, inégal, injuste, dangereux. La multiplicité, la complexité s’accroissent. La maturité apporte de plus en plus de lourdes responsabilités, le vieillissement et ses pathologies reste le lot de tous.
    Nous devons tous faire face à des graves maladies ou à celle de nos proches. Nous aurons tous à vivre le décès d‘un être cher. Nous aurons tous à subir la trahison, l’abandon en amour, en amitié, à subir l’incompréhension, la diffamation, la critique, la non-reconnaissance de nos bonnes actions, etc., etc.
    Qu’attendez-vous de ce monde là ?
    La joie, le bonheur, le répit, la paix, le respect, des relations durables et équitables, la sécurité matérielle, affective !
    Qu’attendez-vous ?
    Vous ne récolterez que ce que vous attendez !
    Si vous vivez médiocrement, que vous êtes tiède dans l’existence, que votre feu originel étouffe, si vous ne balayez pas les répressions que la société vous impose mais aussi celles que vous vous imposez à vous-même, si vous ne travaillez pas à détruire vos blocages, alors vous ne serez jamais détendu, jamais libre intérieurement.
    Sans connaissance de vos outils, vous n’avez aucune garantie d’être à la hauteur des évènements tragiques, difficiles et potentiels de l’existence.


    Comment développer les outils spirituels ?

    *Discernement,
    *non identification à ce qui est erroné,
    *destruction des illusions,
    *reconnaissance des lois universelles qui vous gouvernent,
    *développement de la pensée juste et correcte,
    *relativité de la permanence et de impermanence,
    *fin des connaissances inutiles et acquisition de la Connaissance,
    *transformation complète de l’être,
    *abandon des habitudes,
    *Remise en question des certitudes,
    *expérimentation directe par vous-même,
    *mise en travaux pratiques de vos valeurs dans la vie de tous les jours,
    *transcendance de vos inerties,
    sont les moyens pour avancer avec force et détermination sur le chemin de l’existence.

    Quant au vrai chercheur spirituel, il se doit de dépasser davantage encore le mental et les pensées. Il doit apprendre à retrouver son être profond, afin d’atteindre l’entendement véritable, l’état d’éveil.
    Accepter ou rejeter ne doit plus le préoccuper. Les louanges ou les critiques ne doivent plus l’atteindre. Il peut renoncer ou vivre dans le tourbillon du monde, peu importe, la connaissance de soi soutient son existence. L’acquiescement total à la vie est là, et tout est perçu comme la manifestation de la conscience, de l’Un dont la connaissance confère la connaissance de toute chose.

    L’apprentissage de la vie, et plus encore de la vie spirituelle nécessite l’amour inconditionnel. Il nécessite l’amour pour la vie, pour l’univers, pour l’autre, pour vos proches. Il nécessite cette intelligence du cœur.
    Il ne vous restera d’ailleurs que cela, le jour où vous devrez tout quitter.

    Alors reprenons avec humilité, enthousiasme et persévérance ce chemin du travail sur soi qu’est le yoga et la méditation, et ayons de la gratitude envers la vie pour avoir encore la chance d’être-là et l’opportunité de développer ces outils.

    Hari om tat sat
    Jaya Yogācārya


    Bibliographie :
    « Tantra , le chant Royal de Saraha » de Osho Rajneesh aux edts Le voyage intérieur.
    « L’essence du Yoga selon Vasishta » de D.Dubois aux edts Almora.
    Adaptation et commentaire de Jaya Yogācārya

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